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vendredi 8 mai 2015

Le grand point d'échange internet caribéen #CARIBIX

carabix.png

Parlons entre nous

Ces derniers mois dans la Caraïbe, nous avons assisté à la création de nombreux nouveaux points d'échanges internet. Alors qu'auparavant, envoyer des paquets à son voisin chez un autre fournisseur d'accès impliquait un passage obligé via les Etats-Unis, aujourd'hui la géographie naturelle reprend peu-à-peu le dessus. La création d'un point d'échange dans chacune des îles de la région est une formidable émancipation numérique qui permet à celles-ci de passer du rôle de consommateur passif à celui d'acteur, d'un cul-de-sac à un carrefour local de l'information. Ces IXP vont permettre l'explosion d'une multitude d'initiatives locales dans le numérique, de réduire les coûts des offres d'accès à internet permettant au plus grand nombre d'y accèder, d'améliorer la qualité de service et la résilience des réseaux.

Parlons à nos voisins

Pourquoi alors ne pas relier ces points d'échanges et ainsi mutualiser nos ressources ? Nous avons par exemple aujourd'hui un serveur de la racine DNS et un serveur d'Akamai au point d'échange OCIX (Sint Maarten), un serveur cache de Google au point d'échange DANIX (Dominique). En reliant entre eux les points d'échanges de la Caraïbe, nous n'irons plus chercher nos contenus à des milliers de kilomètres dans un serveur à New York ou Miami, mais à quelques dizaines ou centaines de kilomètres dans les caches régionaux des fournisseurs de contenu. Nous pourrons assister en direct et en haute définition au carnaval de Trinité et Tobago ou à une régate à Tortola tranquillement installé dans son canapé à Saint-Barth sans subir de chutes de débit, prendre des nouvelles de sa grand-mère à Castries en visio sans être écouté par la NSA, voyager partout dans la Caraïbe avec son mobile sans faire exploser sa facture à cause du roaming data. Le potentiel de développement économique régional est immense et un point d'échange pan-caribéen, s'il n'est pas en lui seul suffisant, en sera un vecteur indispensable.

IGWAN.NET sera présent le 12 mai en Guadeloupe pour assister à l'atelier Caribix où sera discuté la création de ce point d'échange caribéen.

dimanche 22 février 2015

Montée en débit : le grand hold-up

Dans l'esprit des élus, les PTT France Télécom Orange, est toujours une entreprise publique. La preuve, en 2015, on lui donne encore de l'argent public. En fait c'est plus subtile que cela.

En 2011, l'ARCEP décide que Orange doit accepter de dégrouper ses sous-répartiteurs si certaines conditions sont remplies. En résumé, si la collectivité qui souhaite dégrouper un sous-répartiteur coule une dalle béton, amène l'électricité et paye l'abonnement, tire 6 paires de fibre entre le NRA d'origine et le sous-répartiteur à dégrouper, paye la fourniture et l'installation des armoires et s'engage à ne pas faire de FttH dans le coin pendant 3 ans - rien que ça - Orange est contrainte et forcée d'accepter le dégroupage.

En contrepartie pour tous ces services, Orange verse une redevance symbolique à la collectivité qui varie selon la taille (le nombre de lignes) du répartiteur dégroupé, de l'ordre de 500 à 1200 euros par an. Une somme ridicule, on va le voir, au regard des investissements de la collectivité.

A Saint-Barthélemy, on a décidé qu'il devenait urgent, en prévision des élections de 2017, de soulager deux quartiers particulièrement mal desservis par l'ADSL du fait de lignes trop longues. Au lieu d'y déployer le FttH ("on va le faire promis, c'est juste que là pour 2017, c'est un peu juste") on demande aux PTT à Orange dans leur grande bontée de bien vouloir améliorer un peu leur réseau. Pour faire classe, et imprégner les esprits de la magie de la fibre optique, on a appelé ça le FttN.

Zones MeD

La collectivité souscrit donc l'offre de dégroupage de deux sous-répartiteurs.

Il faut donc tirer deux cables optiques, pour un linéaire total de 6380 mètres, et donner 6 paires sur ces câbles à l'opérateur public historique. D'autre part, il faut aménager deux sites pour acceuillir les futures armoires de dégroupage.

Collecte NRA-MeD

Au terme d'une procédure de marché public, c'est donc une entreprise locale qui va tirer le câble et aménager les sites d'accueil.

  • Fourniture et tirage du câble : 108 500 € (17 € par mètre).
  • Aménagement des sites : 188 620 € (94310 € par site).

Il faut également payer à Orange une prestation pour l'installation des armoires. Dans le cas de Saint-Barthélemy (deux armoires d'environ 400 lignes) cette somme s'éleve à 110 500 euros.

Pour installer le câble optique, il a fallu de plus sortir la pelleteuse : casser les routes et y poser des fourreaux. Oui, ces mêmes fourreaux dont l'absence était invoquée comme excuse pour ne pas déployer le FttH dans ces quartiers.

Investissement total (hors génie civil routier, dont on considère qu'il n'est pas dédié et sera réutilisé pour le réseau FttH) : 407 620 euros pour 800 lignes, soit environ 500 euros par ligne "montée-en-débit".

Mais tout n'est pas perdu pour la collectivité, car Orange va payer pour toutes ces fibres et la mise à disposition des sites, pas vrai ?

2300 euros par an : c'est la somme que va débourser Orange pour la mise à disposition de 6 paires de fibres sur un linéaire de 6380 mètres (en plus de la mise à dispo des sites d'accueil, de leur entretien, de l'énergie électrique, ...).

Mais attendez, il nous semblait que la collectivité avait déjà voté les tarifs de mise à disposition de fibre optique aux opérateurs télécom ! Les voici :

Tarifs LFON

Si ces tarifs lui étaient appliqués, Orange devrait régler une redevance annuelle de 53 592 euros ainsi que de frais d'accès au service "sur devis", car le câble optique n'était pas préexistant.

La collectivité est-elle en droit de pratiquer des tarifs différents selon les opérateurs ? L'article 1425-1 du Code général des collectivités territoriales semble bien répondre par la négative :

L'intervention des collectivités territoriales ... respecte le principe d'égalité et de libre concurrence sur les marchés des communications électroniques.

Suivant ce constat, et si on vivait dans un état de droit, il resterait aux élus trois possibilités :

  • appliquer à Orange les tarifs votés par le conseil territorial ;
  • appliquer à tous les opérateurs les tarifs dont bénéficie Orange ;
  • rayer du fronton de l'hôtel de la collectivité le mot "égalité".

samedi 21 février 2015

Comment faire de Saint-Barth un paradis numérique

  • Des offres de location de fibre noire abordables
    • 0,50 € le mètre linéaire
    • suppression des paliers kilométriques
    • frais d'accès au coût réel,
    • des tarifs forfaitaires attractifs entre les sites techniques mutualisés
    • des offres en IRU.
  • Des offres d'hébergement raisonnables
    • 1U - 90 euros
    • 3U - 150 euros
    • 21 U - 450 euros
    • 42 U - 700 euros
    • frais d'accès orientés coûts réels
  • Du transit abordable
    • de 2,50 euros à 1 euros par Mbit/s selon volume
    • pas ou peu de frais d'accès (orienté coûts réels)
  • Des offres de transport mutualisés vers les points d'échanges régionaux
    • à un coût légèrement inférieur au transit
    • permettre le peering distant vers Miami
  • Un point d'échange local
    • sans frais pour inciter l'interconnexion locale
    • interconnecté avec les points d'échanges voisins (OCIX)
  • Des sites radios mutualisés
    • réduire le nombre de sites
    • mieux les intégrer au paysage
    • compléter la couverture
    • favoriser le déploiment de la 4G en fibrant tous les sites
  • Du Wifi gratuit et performant dans tous lieux publics
    • décharger les réseaux mobiles en offrant une meilleure qualité de service à nos visiteurs (qui évitent ainsi le roaming)
  • Un déploiment rapide (12-18 mois) du FttH sur les zones défavorisées :
    • Toiny, Petit Cul-de-Sac, Salines, St Jean, Colombier, Flamands.
    • Utiliser tous les outils juridiques appropriés pour l'accès aux propriétés (chemins privés) : servitudes télécom
  • Une information claire, détaillée et transparente à la population sur les déploiements FttH
    • actualité régulière des déploiements, information sur les travaux en cours
    • marchés attribués, montants des investissement
    • cartes de planification quartier par quartier
    • conseils pour rendre son logement éligible le plus rapidement possible
  • Taxer le cuivre sur les zones fibrées
    • inciter au passage rapide aux offres fibres (compétence fiscale de la collectivité)

Continuité numérique à Saint-Barth : l'illusion

Global Caribbean Network (GCN), la société à laquelle le conseil général de Guadeloupe a confié l'exploitation et la commercialisation aux opérateurs du câble sous-marin Guadeloupe Numérique, financé à 75% par des fonds publics, vient de publier son offre de services au départ de Saint-Barthélemy. Cette publication fait suite à une obligation décidée par l'ARCEP considérant l'opérateur du câble comme étant en situation de quasi-monopole sur les portes de sorties de l'île.

Pour joindre le reste du monde, les fournisseurs d'accès, où qu'ils se trouvent, ont besoin de pouvoir atteindre les autres réseaux constituant l'internet. Pour cela, les réseaux s'interconnectent directement entre eux pour échanger leurs trafics respectifs. C'est ce qu'on appelle le peering. C'est un arrangement, en général sans échange monétaire, qui bénéficie aux deux réseaux concernés. Mais cette interconnexion directe ne peut être réalisée que si les réseaux sont géographiquement proches, ou peuvent se joindre via des points d'échange présents à proximité de leurs réseaux respectifs, voire en dernier recours via des liaisons dédiées longue distance. Pour joindre les réseaux distants, les fournisseurs d'accès doivent généralement recourir aux services d'un opérateur de transit. Le transit est un service offert par un réseau qui dispose d'une certaine étendue géographique, par exemple inter-continentale, en empruntant des câbles sous-marins. Ainsi, le réseau du transitaire accepte, contre paiement, de transporter les paquets pour le compte de réseaux plus petits et moins étendus.

A l'heure actuelle, à Saint-Barthélemy, un seul et unique réseau offre ces services de transit et constitue ainsi la seule porte de sortie pour un FAI local. Mais il se pose un important problème de coût. Alors que dans la plupart des métropoles européennes ou américaines, le transit se négocie à 50 centimes le Mbit/s, à Saint-Barth, un opérateur devrait débourser 50 euros, soit 100 fois plus cher pour le même service. Considérant qu'aujourd'hui, le débit moyen à l'heure la plus chargée de la journée se situe aux alentours de 0,3 Mbit/s par accès internet haut débit (ADSL), et aux alentours de 1 Mbit/s pour un accès très haut débit (VDSL2, FttH, ...), le coût mensuel du transit par abonné serait compris entre 15 et 50 euros ! Inutile de préciser qu'à ce prix, il est impossible pour un opérateur local de proposer des offres à un tarif raisonnable à ses abonnés. Il faut en effet ajouter au coût du transit tous les autres coûts induits par la fourniture du service au domicile de l'utilisateur (la boucle locale, la collecte, l'hébergement des équipements, ...).

En plus de ces coûts mensuels de transit, GCN facture 3000 à 7000 euros de frais d'accès au service, là ou la plupart des opérateurs de transit ne facturent aucun frais, ou tout au plus quelques centaines d'euros. Sur un territoire de 9000 habitants, il faudrait ainsi une part de marché irréaliste pour un opérateur alternatif pour pouvoir justifier le paiement de tels frais d'accès.

On est ainsi face à une double barrière tarifaire. Et on peut s'interroger sur l'obligation qui est faite à GCN par l'ARCEP d'orienter ses tarifs vers les coûts. Quels sont les coûts de GCN qui justifient de tels tarifs ? Que penser de l'utilité d'un câble sous-marin, subventionné par la collectivité de Saint-Barthélemy à hauteur d'un million d'euro, alors les opérateurs locaux sont dans l'incapacité de l'utiliser ?

Comment font les fournisseurs d'accès internet présents sur l'île pour proposer leurs offres ? D'abord il faut préciser que les FAI grand public (Orange, Dauphin, Médiaserv) sont tous d'envergure régionale ou nationale et bénéficient ainsi d'importantes économies d'échelle sur leurs achats de capacité de transit, qu'ils n'achètent pas localement. Leurs clients de Saint-Barthélemy représentent pour ces opérateurs une proportion infime de leur masse de clients. En considérant seulement leurs client de Saint-Barthélemy, on peut sérieusement s'interroger sur leur rentablité au niveau local.

Alors que faire ? Laisser Saint-Barthélemy dans son état de cul-de-sac numérique ? Continuer de voir les paquets qu'on adresse à nos voisins de palier transiter par Saint-Martin ou New York, faute d'interconnexion locale ? Nous satisfaire des offres triple-play ADSL de super marché à 60 euros par mois et bientôt à un très haut débit bridé et hors de prix (ex. Dauphin offre du 30 Mbit/s / 1 Mbit/s à 99 euros par mois sur le réseau FttH de Sainte-Anne en Guadeloupe) faute de tarifs de transit raisonnables ?

Il est urgent que l'Etat et les collectivité locales (re)prennent les choses en main. Et que la continuité numérique devienne une réalité pour tous les territoires français du globe. Ainsi, on a entendu Fleur Pellerin annoncer qu'elle souhaite faire d'un Pointe-à-Pitre - Paris, l'équivalent d'un Bordeaux - Paris. On attend des actes.

vendredi 12 décembre 2014

Saint-Barth 2022

Décembre 2015 : les premiers abonnés des quartiers de Grand Cul-de-Sac et Flamands sont connectés en VDSL2. Certains voient passer leur débit à 50 Mbit/s. D'autres (8% d'entre eux), pourtant tout proches du nouveau NRA, s'étonnent d'avoir moins de 30 Mbit/s, le THD qu'on leur avait pourtant promis sous le doux nom de Fiber-to-the-Node. En effet sur la paire de cuivre c'est un peu la loterie, avec le VDSL2 très sensible aux brouillages et à la qualité du réseau, vieillissant à Saint-Barth.

Pendant ce temps, les premiers accès FttH sont mis en service à Gustavia et dans le bourg de Lorient. Ces quartiers bénéficiant déjà de débits corrects sur le cuivre, l'offre fibre à 79 euros pour du 100 Mbit/s / 5 Mbit/s en upload de l'opérateur Requin Télécom ne rencontre pas un franc succès.

2017 : le réseau FttH s'étend aux quartiers de St Jean, Anse des Cayes, Camaruche et une partie de Vitet. Les offres Gigabit foisonnent et deviennent la norme un peu partout en France alors que les premières offres 5 et 10 G commencent à apparaître. Rapidement, la grogne commence à monter chez les habitants des quartiers de la montée en débit de 2015. Mais il n'est pas question d'y déployer la fibre. La collectivité s'est engagée auprès d'Orange à ne pas le faire dans ces quartiers avant 2018. De toute façon, la collectivité a décidé de stopper les déploiements vu le succès mitigé des premières années. Les offres fibre manquaient de se différencier suffisamment des offres VDSL2 disponibles dans ces quartiers déjà bien desservis. Cet arrêt des déploiements, la collectivité l'avait d'ailleurs déjà envisagé dès l'élaboration de son SDTAN (stratégie du "stop and go", aussi connue sous le nom de "shoot yourself in the foot", lorsqu'elle est associée à la montée en débit). Les élections étant passées, cela pourra donc bien attendre.

2022 : A peine 1500 foyers sont raccordés au FttH. La carte des délaissés du numérique n'a que peu changée en 10 ans. Alors que certains dans les quartiers les plus peuplés profitent de la VoD et de la téléprésence 8K 3D 240Hz sur leur connexion 40 Gbit/s, les "montés-en-débit" de la dernière décennie se traînent toujours à 40 Mbit/s sur leur paire de cuivre qui commence sérieusement à s'oxyder. Mais qu'à cela ne tienne. Le plan France UHD vient d'être lancé et Orange assure déjà qu'elle va aider les collectivités, en échange de quelques subventions et de l'engagement d'attendre encore un peu pour la fibre, en installant du G. UltraFast à 5 Gbit/s (sur 30 mètres) sur les poteaux téléphoniques pour une nouvelle montée en débit qui s'annonce prometteuse.

jeudi 2 octobre 2014

Actualité de l'aménagement numérique à Saint-Barth

Câble sous-marin SSCS

Le second câble sous-marin de l'île, en attente depuis plusieurs mois à Shell Beach, va bientôt pouvoir être mis en service. La collectivité vient en effet de voter la signature d'une convention d'occupation des fourreaux et d'hébergement de baies avec l'opérateur du câble.

2014-997 CE – Convention entre SSCS BV et la Collectivité de Saint-Barthélemy pour la mise à disposition d’infrastructures d’accueil des câbles de communications électroniques et d’espaces d’hébergement de baie en local technique

Liaison de collecte pour Dauphin Télécom

Dauphin Télécom devient le premier client de l'offre de fibre noire de la collectivité. L'opérateur va bénéficier de la mise à disposition d'une paire de fibre noire reliant Gustavia au NRA de Lorient afin de collecter le trafic de ses clients cuivre en dégroupage.

2014-998 CE – Convention de mise à disposition de brins de fibre optique noire à l’opérateur Dauphin Télécom

Montée en débit

Le conseil exécutif vient de valider la convention de mise en disposition par la collectivité à Orange de deux emplacements réservés aux futurs NRA-MeD ainsi que de brins de fibre optiques pour la collecte de ces armoires.

2014-996 CE – Convention entre Orange et la Collectivité pour la mise à disposition d’infrastructures support de la montée en débit aux points de raccordement mutualisé

Mise à jour du 19/01/2015 : Convention MED signée avec Orange - demande CADA

Mise à jour du 28/01/2015 : Convention LFON Dauphin Telecom liaison Gustavia-Lorient - demande CADA

dimanche 20 juillet 2014

Construire un nouveau câble sous-marin aux Antilles et en Guyane permettrait de diviser par 4 les coûts du transit

câble sous-marin potentiel pour Antilles-Guyane

Un câble sous-marin coûte en moyenne 30 000 euros par kilomètre à l'installation et a une durée de vie de 25 ans. Les coûts d'exploitation et maintenance sont d'environ 4 % par an. Soit un coût total sur les 25 années de 60 000 euros par kilomètre. C'est-à-dire 200 euros par mois et par kilomètre.

Pour relier tous les territoires français des Antilles et la Guyane à Miami, il faudrait 4000 kilomètres de câble sous-marin. Le coût total (investissement initial plus exploitation) de ce câble serait de 800 000 euros par mois.

Il y a 1,1 milions d'habitants aux Antilles et en Guyane. Il y a 400 000 accès haut ou très haut débit dans ces territoires. Orange ayant sa propre infrastructure, on va ignorer ses 65% de parts de marché. Il nous reste donc environ 140 000 accès fixes haut et très haut débit.

Le coût du câble sous-marin serait ainsi de 5,70 euros par accès et par mois pour un opérateur alternatif, quel que soit le débit fourni.

Aujourd'hui, le coût supporté par un opérateur alternatif est de 22,50 euros par accès et par mois (75 euros par Mbit/s pour 300 kbit/s consommés).

La construction d'un nouveau câble sous-marin permettrait ainsi de diviser par 4 les coûts du transit aux Antilles et en Guyane.

Notez bien que le débit fourni est sans impact sur l'économie du câble (celui-ci peut encaisser plusieurs térabits et ne coûtera pas pour autant plus cher) et qu'il pourra ainsi supporter le très haut débit pour tous à un coût constant par abonnement.

Alors imaginez ce qu'on peut faire dès aujourd'hui avec les infrastructures existantes

Toutes les liaisons dont on parle existent déjà. La Guyane est reliée à la Martinique via le câble Americas-2. Les îles des Antilles françaises sont reliées entre elles par les câbles d'initiative publique GCN et MCN. Et enfin, celles-ci ont accès à de nombreuses liaisons vers Miami, soit via les îles de Sainte-Croix et Saint-Thomas (îles Vierges américaines) soit via Puerto Rico (États-Unis).

Alors que faire ? Ou plutôt que ne pas faire ?

Il faut éviter à tout prix de retomber dans le schéma de délégation de service public qui ne fonctionne pas. On en fait la douloureuse expérience avec GCN, et l'on ne peut que constater que ses tarifs sont beaucoup trop élevés et le resteront, car une entreprise commerciale doit quoi qu'il arrive prélever sa (grosse) dime sur les tarifs pratiqués.

Il ne faut pas créer un consortium d'acheteurs. L'achat groupé de capacité permettrait certes aux deux ou trois gros FAI alternatifs de la région de se fournir en capacité à coût réduit, mais fermerait définitivement le marché de détail de l'accès à internet aux nouveaux entrants ou aux petits acteurs sur nos territoires, bloquant ainsi le jeu de la concurrence au détriment des utilisateurs.

Il ne faut pas non plus subventionner l'achat individuel de capacité par chacun des FAI au titre de la continuité territoriale. Ce serait un dispositif particulièrement inefficace pour les finances publiques, car il ne bénéficierait pas des économies d'échelles potentielles.

Les collectivités ne doivent pas non plus faire cavalier seul chacune de leur côté. La taille des marchés respectifs de chaque collectivité étant trop faible pour obtenir une baisse suffisante des tarifs de capacité.

Au contraire, en se regroupant, les territoires français ont l'opportunité de régler une fois pour toute ce problème qui empêche l'essor du très haut débit et la baisse des tarifs de l'accès à internet dans nos régions.

Une piste de solution serait la formation d'un groupement (par exemple une SPL) entre nos collectivités qui acheterait non pas de la capacité en mégabits, mais de la fibre noire, ou à défaut des longueurs d'ondes sur les câbles existants, et revendrait cette capacité, dans une parfaite équité et transparence, aux acteurs locaux de l'internet.

Nous avons vu précedemment que l'équation économique tenait la route, même si nous devions construire un nouveau câble. Il ne reste qu'à nos politiques à s'entendre, et ainsi faire passer nos territoires dans l'âge du vrai THD pour tous.

samedi 12 avril 2014

Observations sur le schéma directeur territorial d'aménagement numérique de Saint-Barthélemy

Suite à l'approbation par le conseil territorial de Saint-Barthélemy de son schéma directeur d'aménagement numérique (PDF), voici les observations présentées par l'association.

Observations de l'association IGWAN.NET sur le SDTAN de Saint-Barthélemy (format PDF).

IGWAN.NET rejoint la fédération FDN

logo FFDN

IGWAN.NET a rejoint la fédération FDN. Elle est le le premier FAI associatif ultramarin à rejoindre la fédération.

La FFDN regroupe les fournisseurs d'accès associatifs autour de valeurs communes : bénévolat, solidarité, fonctionnement démocratique et à but non lucratif; défense et promotion de la neutralité du Net.

jeudi 30 janvier 2014

Mise à jour carto

La carte des infras télécom de Saint-Barth vient d'être mise à jour, à télécharger ici (format KMZ).

Les changements :

  • correction du schéma du câble SSCS (ajout de la BU, ajout de la future station d'aterrissement)
  • ajout du local EHPAD à Gustavia (futur NRO)

samedi 17 août 2013

Transparence : le contrat de concession du câble Guadeloupe Numérique

L'association publie les documents qu'elle a obtenus auprès de la Région Guadeloupe dans le cadre du droit d'accès aux documents administratifs.

Un certain nombre d'annexes et avenants sont manquants (la Région nous opposant le secret des affaires). Notre recours à la CADA sera examiné en septembre.

A télécharger :

- Contrat de concession, avenants, annexes, tarifs, contrats-type, ... format PDF, 131 pages.

Mise à jour 12/09/2013: La CADA a rendu un avis favorable concernant les documents manquants (tarifs actuels et formule d'indexation des tarifs).

lundi 22 avril 2013

Un point sur le câble sous-marin SSCS

Schéma du câble sous-marin SSCS Schéma du câble sous-marin SSCS. (Fond de carte : SHOM)

En 2011, les îles néerlandaises de Saba et Saint-Eustache décident la construction du câble sous-marin SSCS reliant ces deux îles à Saint-Kitts au sud d'une part, et à Saint-Martin (partie néerlandaise) au nord d'autre part. Saba et Saint-Eustache, jusque-là isolées, pourraient ainsi se raccorder au reste du monde.

Fin 2012, deux segments du câble sont posés : celui reliant Saint-Kitts à Saint-Eustache, et celui reliant Saint-Eustache à Saba (en jaune sur la carte). Cependant, une guerre juridique entre le promoteur du câble (RCN, qui représente le gouvernement des Pays-Bas aux antilles) et le gouvernement de la partie néerlandaise de Saint-Martin empêche la construction du dernier segment (en rouge).

Le câble en souffrance n'étant relié au reste du réseau sous-marin que via Saint-Kitts, il devenait urgent de l'étendre vers un autre point d'atterrissement. De son côté, Saint-Barthélemy avait également besoin de sécuriser sa connectivité en se connectant à un second câble sous-marin.

C'est ainsi que sont nées les discussions entre RCN et la collectivité de Saint-Barthélemy pour étendre le câble SSCS vers notre île (en bleu sur la carte). Il semble que les discussions soient en bonne voie. Cependant, des échos des négociations laissent penser que le nouveau câble toucherait terre à Shell Beach, au même endroit que l'actuel câble GCN, ce qui ne permettra pas la redondance qu'on aurait pu espérer si le câble avait atterri à un autre point de l'île. En effet, c'est Lorient qui était initialement prévu pour accueillir le point d'arrivée du nouveau câble.

lundi 4 mars 2013

Mise à jour de la cartographie des infrastructures télécoms

Ajouts/corrections :

  • sites radios des réseaux GSM/UMTS (source ANFR/Cartoradio)
  • projet de nouvelle liaison sous-marine
  • localisation du futur NRO de Lorient
  • tracé du câble optique Gustavia-Lorient de la collectivité
  • correction du tracé supposé de la liaison Gustavia-Lorient de France Telecom (pas de bouclage)
  • nouveau point d'échange Internet DANIX en Dominique

Télécharger la cartographie des infrastructures télécoms à Saint-Barthélemy (version du 04/03/2013)

mercredi 20 février 2013

Le câble optique Gustavia-Lorient

Après l'appel d'offre pour la construction du NRO de Lorient, voici celui de la liaison entre Gustavia et Lorient.

Ce câble de 144 brins reliera l'actuel local de dégroupage de Gustavia au futur NRO de Lorient. Il servira également aux raccordements de sites publics situés sur son tracé.

tracé du câble optique Gustavia-Lorient

jeudi 14 février 2013

Inscrire dans la loi l'égalité numérique des territoires

Les territoires concernés

France métropolitaine, Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion, Saint-Pierre-et-Miquelon, Mayotte, Saint-Barthélemy, Saint-Martin.

Ce qu'ils ont en commun

- le Code des postes et communications électroniques y est pleinement applicable

- un unique régulateur qui est l'ARCEP

- un plan de numérotation téléphonique unique et intégré (numérotation à 10 chiffres)

Propositions

- les appels/SMS nationaux au même prix, quelque soit le territoire français de destination

- l'itinérance ultra-marine devient itinérance nationale : mêmes tarifs que sur le réseau d'origine, quel que soit les réseaux visités dans tous les territoires français (appels/SMS/data inclus dans le forfait, réception d'appels gratuite)

- bénéfice de l'Eurotarif pour les européens en roaming dans l'outre-mer français, comme c'est déjà le cas sur le territoire métropolitain

- un seul et unique code pays international, le 33, au lieu des 6 codes pays actuels

- les opérateurs (ou groupes) présents sur plusieurs territoires français proposent leurs offres dans les mêmes conditions et aux même tarifs, simultanément sur l'ensemble de ces territoires (mobile, fixe, et internet)

mercredi 13 février 2013

Les offres mobiles illimités de/vers les DOM/COM

Avec la décision de l'ARCEP d'abaisser le plafond de terminaison d'appel vers les mobiles en outre-mer au 1er janvier 2013, les opérateurs mobiles métropolitains multiplie les annonces de nouvelles offres incluant ces destinations en illimité.

Quelles sont les offres qui proposent de l'illimité vers l'outre-mer ? Les SMS sont-ils inclus ? Quels territoires sont concernés ? Quelle est la situation du côté des opérateurs ultramarins ?

Pour s'y retrouver l'association tient à jour un tableau recensant les offres mobiles incluant de l'illimité vers un autre territoire français de la zone ARCEP (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Martin et Saint-Barthélemy), et les tarifs correspondant.

jeudi 22 novembre 2012

Un nouveau câble sous-marin à Saint-Barthélemy ?

Un nouveau câble sous-marin à Saint-Barthélemy ?

Saint-Barth va-t-elle bientôt être connectée à un second câble sous-marin ? La collectivité veut en tout cas étudier cette opportunité et vient donc de publier un avis de marché public en ce sens.

Actuellement, Saint-Barth est reliée au reste du monde par un unique câble sous-marin appartenant à GCN. Outre les problèmes de concurrence que pose le contrôle exclusif des liaisons par un seul fournisseur, l'existence d'un unique câble mettait l'île dans une situation précaire. Une panne sur ce câble pourrait en effet avoir un effet catastrophique sur l'économie de l'île.

Le futur câble sous-marin va permettre d'une part d'assurer la sécurisation des liaisons, et d'autre part de faire baisser drastiquement le coût du trafic. Ces deux conditions sont en effet indispensables au déploiement du futur très haut débit.

m.à.j. du 20/01/2013 C'est la société Tactis qui a été choisie pour cette étude d'un montant de 8000 euros. (Source : annonces légales du Journal de Saint-Barth n°1010 du 17 janvier 2013). Cette société n'en est pas à son coup d'essai puisque c'est elle qui avait rédigé, il y a quelques années, le fameux rapport d'audit sur le système de câbles sous-marins GCN.

samedi 29 septembre 2012

Technique : configuration d'un hotspot IPv6-only

Ce qui devrait marcher ...

L'approche naïve :

  • le routeur annonce en :
    • un subnet IPv6 /64
    • l'adresse d'un résolveur DNS classique
  • aucune configuration relative à l'IPv4, pas de DHCPv4, pas d'ARP

... ne marche pas encore

Malheureusement, certains OS ne sont pas prêts pour l'IPv6-only :

  • Ubuntu (12.04), Android, ... s'attendent à obtenir une adresse IPv4 avant de considérer qu'ils sont connectés
  • Windows 7 conserve une adresse IPv4 qu'il a obtenu lors d'une précédente connexion (y compris sur un autre point d'accès !) tant qu'il n'obtient pas de nouvelle. Il reste donc en mode "connectivité limitée" pendant un long moment.

Par ailleurs, même si les sites web les plus populaires ont sauté le pas (Google, Youtube, Facebook, ...), beaucoup n'ont pas encore activé l'IPv6 sur leurs serveurs.

Contourner sans abdiquer

Pour contourner ces problèmes, sans pour autant offrir de router de l'IPv4 natif, nous avons adopté l'approche suivante :

  • on annonce un résolveur DNS64, cela permet au moins aux sites web en IPv4 seul d'être accessibles
  • pour contenter les OS qui veulent absolument une réponse à leurs requêtes DHCPv4 :
    • on attribue une adresse au client dans une plage d'IPv4 "privée" RFC 1918
    • on fournit l'adresse IPv4 d'un proxy DNS local, lui même configuré pour faire suivre les requête sur le résolveur DNS64
    • mais ne fournit pas de route IPv4 par défaut ; ainsi pas de routage IPv4 possible

Prochainement

Déléguer des blocs IPv6 complets avec DHCP-PD (prefix delegation) aux routeurs qui en font la demande.

samedi 1 septembre 2012

La collectivité prend le chemin de l'aménagement numérique

Un attaché territorial vient d'être recruté par la collectivité depuis le 1er août afin de mener à bien la politique d'aménagement numérique du territoire.

Pascal Peuchot (@PascalSBH), loin d'être novice en la matière, a devant lui de nombreux chantiers.

Il devra faire dans un premier temps réaliser un état des lieux. Il devra prendre connaissance des décisions déjà prises par la collectivité (et précédemment la commune) dans le domaine et des conventions signées avec les opérateurs, ainsi que faire l'inventaire des biens de la collectivité (génie civil sous-terrain et locaux susceptibles d'accueillir des installations télécoms).

Ensuite il devra consulter les acteurs locaux (opérateurs, entreprises, services publics, propriétaires, habitants, ...) sur leurs besoins en infrastructure, offres de services et usages présents et futurs, afin d'établir un schéma d'aménagement numérique pour Saint-Barthélemy.

Concrètement, deux chantiers sont actuellement en cours :

  • la création de la liaison par câble de fibres optiques entre les NRA de Gustavia et de Lorient (budget 300 K euros)
  • l'enfouissement des réseaux (passage en sous-terrain), à Gouverneur et Lurin dans une première phase

Ce recrutement est une excellente nouvelle pour l'avenir numérique de Saint-Barthélemy même si l'ampleur du travail à accomplir est importante et que son aboutissement prendra du temps.

Nous souhaitons bonne chance à Pascal Peuchot dans sa mission.

Cartographie des infrastructures télécoms à Saint-Barthélemy

L'association publie une carte des infrastructures télécoms desservant Saint-Barthélemy au format KML. On peut y trouver :

  • les systèmes de câbles sous-marins desservant Saint-Barthélemy et Saint-Martin/Sint Maarten
  • l'infrastructure de transmission et DSL de France Télécom
  • les locaux et infrastructures de génie civil connus appartenant à la collectivité
  • les points d'échanges internet (IXP) de la zone antilles

Les informations présentées ont été collectées exclusivement à partir de données publiques (cartographie SHOM, décisions de la collectivité, documents ARCEP, ...), d'observations sur le terrain, et de déductions. Aucune garantie d'exactitude ou d'exhaustivité, donc.

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